Une formation IA échoue après l'atelier parce qu'elle change ce que sait une personne, et laisse le travail de l'équipe exactement où il était. Microsoft vient de le reconnaître pour lui-même. Le 17 septembre 2026, l'entreprise a publié que Copilot, attribué à plus de 200 000 de ses salariés, avait plafonné côté ventes jusqu'à ce que les équipes partent d'un résultat business et refondent leur processus. L'adoption des cas d'usage prioritaires a ensuite triplé. Voici ce que Microsoft a changé, les chiffres, les notes de bas de page à lire, et la façon dont nous menons ce même virage avec nos clients.
Le lundi qui suit l'atelier
L'atelier s'est bien passé. Note moyenne : 4,6 sur 5. Quelqu'un a déposé une bibliothèque de prompts sur le drive partagé, et la direction de la formation a envoyé un mail de remerciement avec trois points d'exclamation.
Trois semaines plus tard, le tableau de bord d'usage est revenu à son point de départ. La bibliothèque de prompts compte quatre consultations. Dont deux à vous.
Personne n'a mal fait son travail. Chacun est retourné à son poste, a rouvert le même tableur, répondu aux mêmes quarante mails et animé la même réunion du jeudi. L'outil était toujours là, à un onglet de distance. Il n'avait simplement aucune raison d'entrer dans le travail, puisque le travail n'avait pas bougé.
Si ça ressemble à votre trimestre, Microsoft vient d'en publier une version très coûteuse.
Qu'a appris Microsoft de sa propre transformation IA ?
Microsoft a appris que déployer des outils d'IA et former les gens à s'en servir ne change pas la façon de travailler, et que les gains apparaissent quand une équipe part d'un résultat business et redessine tout son processus autour. Kathleen Hogan, vice-présidente exécutive et directrice de la stratégie et de la transformation, l'a détaillé sur le blog officiel de Microsoft le 17 septembre 2026, en s'appuyant sur ce que l'entreprise décrit comme des centaines de chantiers internes, rassemblés dans son Frontier Playbook.
L'aveu qui compte se trouve dans la première leçon. Dans les mots de Kathleen Hogan (notre traduction) :
« Au départ, nous avons traité l'IA comme un déploiement technologique classique : déployer les outils, former, pousser l'adoption. Nous avons appris que l'accès et l'usage ne valent pas transformation : un outil attribué à plus de 200 000 personnes ne change pas la façon dont le travail se fait. »
Kathleen Hogan, EVP et Chief Strategy and Transformation Officer, Microsoft
C'est l'éditeur de Copilot qui écrit ça, à propos de Copilot, sur son propre blog. Ça vaut une deuxième lecture.
Microsoft range ses enseignements en cinq leçons. Les voici, avec ce que chacune signifie pour une équipe qui sort tout juste de sa formation IA.
| La leçon de Microsoft | Ce que Microsoft a fait | Ce que ça veut dire après votre journée de formation |
|---|---|---|
| 1. Partir du résultat business, pas de la technologie | Les ventes ont arrêté de pousser l'usage et sont reparties des objectifs : gagner des deals, apporter de la valeur aux clients. L'équipe a cartographié la semaine des account managers et associé un outil à chaque moment. | L'atelier partait des fonctions de l'outil. Partez d'un chiffre que quelqu'un dans la salle porte déjà. |
| 2. Refondre tout le processus, pas des tâches isolées | L'équipe supply chain cloud a d'abord simplifié ses processus, construit une source unique de données, puis déployé plus de 100 agents spécialisés. | Accélérer une étape crée une file d'attente à la suivante. L'unité de changement, c'est le flux entier, de bout en bout. |
| 3. Mettre les salariés au centre | Camp AIR, un accélérateur de plusieurs semaines où des équipes pluridisciplinaires refondent leur travail autour d'un vrai enjeu business, étendu à plus de 3 000 ingénieurs. | Ceux qui font le travail dessinent le changement, ensemble. Les managers passent en premier, et le disent. |
| 4. Utiliser l'IA pour élargir ce que les gens savent faire | Microsoft appelle ça le Capability Add : amélioration continue plus IA. « L'efficacité est le plancher, la capacité est le plafond. » | Mesurez ce que l'équipe sait faire aujourd'hui et ne savait pas faire hier, en plus des heures gagnées. |
| 5. Construire une organisation qui apprend en continu | L'équipe RH améliore en permanence les agents qui accompagnent l'arrivée des nouveaux salariés, et décide où le jugement humain reste. | La boucle d'apprentissage reste à l'équipe, et elle survit au prochain modèle. |
Cinq leçons, et le mot « formation » n'apparaît que dans la première, comme ce qui n'a pas suffi seul.
Qu'est-ce qui a changé quand Microsoft a arrêté de pousser l'adoption ?
Les ventes sont le cas le plus net. Copilot a été largement déployé et, selon Kathleen Hogan, « l'usage a plafonné et l'impact ne s'est pas matérialisé ». L'équipe aurait pu relancer une vague d'accompagnement. Elle a fait autre chose.
Elle est repartie des objectifs business, puis a cartographié la vraie semaine des account managers. Pour les moments qui comptaient le plus, elle a choisi un outil précis : un agent Analyst pour le pipeline, un agent Deal pour les dossiers de deal, Researcher pour comprendre le client en profondeur. Puis elle a ajouté une habitude. Des points hebdomadaires animés entre pairs, qui ont, selon Microsoft, « transformé l'expérimentation en habitude et diffusé les bonnes pratiques à toute l'équipe ».
Dans ce groupe, l'adoption des cas d'usage prioritaires a triplé, le chiffre d'affaires par account manager a progressé de 9,4 % et le taux de closing était supérieur de 20 % (Microsoft). La note de bas de page derrière ces chiffres compte, on y revient plus bas.
La supply chain raconte la même histoire, avec plus d'agents. Les experts supply chain et les ingénieurs du cloud Microsoft ont d'abord cartographié et simplifié les processus de bout en bout, puis créé une source unique de données pour que chaque agent raisonne à partir des mêmes informations. Les agents sont arrivés ensuite : plus de 111 en septembre 2026, sur la planification, les achats, l'exécution des commandes et la logistique.
Sur cinq cycles de planification mensuels mesurés entre avril et août 2026, le temps de cycle moyen est passé d'environ 10 jours ouvrés à moins de 2,5. Les planificateurs qui passaient cinq à sept jours à comprendre pourquoi un plan de demande avait bougé obtiennent désormais une explication validée par un humain en quelques heures, parfois en moins de 20 minutes.
Une phrase de cette section mérite d'être affichée dans chaque comité de pilotage qui a acheté des licences cette année :
« Ajouter des agents à un processus cassé laisse un processus cassé [...] accélérer une étape ne fait que rallonger la file d'attente à la suivante. »
Kathleen Hogan, Microsoft
C'est le problème de l'atelier, décrit par une équipe supply chain. L'atelier accélère une personne sur une étape. La file d'attente à l'étape suivante, elle, n'a rien vu.

Le livre
Microsoft a eu besoin de 200 000 licences pour l'apprendre. Ça tient dans un livre.
Teach Them to Drive, c'est la méthode que nous appliquons avec les équipes dont les outils d'IA tournent depuis six mois sans que le travail ait bougé : pourquoi l'adoption cale, comment trouver le vrai blocage, et un plan sur 90 jours pour changer un processus et le mesurer. En anglais, broché et Kindle. Faites-le passer à la personne qui a réservé le dernier atelier.
Commander Teach Them to Drive sur Amazon →Pourquoi l'adoption de l'IA reste-t-elle faible après une formation ?
L'adoption de l'IA reste faible après une formation parce que la formation change les compétences d'une personne, alors que l'usage dépend du processus de l'équipe, de ses objectifs et de son manager. Les gens retrouvent un processus sans aucune étape pour l'outil : l'outil devient du travail en plus, et ils arrêtent sans bruit. Le texte de Microsoft pointe quatre causes, et ce sont celles que nous voyons chez nos clients.
1. Le processus n'a pas bougé
Quelqu'un apprend à rédiger un rapport avec Copilot. Le rapport passe toujours par les mêmes cinq validations, dans le même modèle, alimenté par le même export qui met une journée à arriver. Quarante minutes gagnées sur le brouillon, deux jours d'attente pour le reste. Le mois suivant, on ne s'embête plus. Notre article sur les formations qui tiennent décrit le même schéma vu côté formation.
2. Personne ne portait de chiffre
Le redressement côté ventes a commencé quand les dirigeants se sont concentrés, selon Microsoft, « sur un résultat business clair et sur ce qui comptait le plus pour la personne qui fait le travail, plutôt que sur l'adoption de l'IA en soi ». L'indicateur d'un atelier, c'est la présence et une note de satisfaction. Aucun des deux ne figure dans les objectifs trimestriels de quelqu'un, donc personne ne s'en occupe le mardi.
3. Chacun a appris seul
C'est le passage du texte de Microsoft qui se lit comme un aveu. À propos de Camp AIR, son accélérateur interne, Kathleen Hogan écrit qu'« un premier pilote nous a appris que la transformation IA est un sport d'équipe, et que les outils et la formation seuls ne suffisaient pas ». Individuellement, chacun pouvait apprendre la technologie. « Le changement profond et durable est venu quand les équipes ont appris, expérimenté et se sont adaptées ensemble. »
C'est Microsoft, avec ses propres outils et ses propres formateurs, qui constate que le modèle de formation individuelle n'a pas tenu.
4. Le manager n'est pas passé en premier
Microsoft cite son Work Trend Index : quand les managers montrent activement leur propre usage de l'IA, la valeur perçue de l'IA agentique gagne 17 points et la confiance 30 points. Les salariés dont le manager crée un climat de sécurité psychologique ont 1,4 fois plus de chances d'être des utilisateurs fréquents de l'IA agentique (Microsoft Work Trend Index). La plupart des ateliers laissent les managers hors de la salle, ou les y assoient comme participants. Nous avons écrit un guide pour les managers sur ce point précis.
« Un atelier montre aux gens où sont les pédales. Ensuite ils rentrent chez eux par la même route, dans les mêmes bouchons, vers le même travail. Personne n'a refait la route. »
Toni Dos Santos, cofondateur de We Call Shotgun et auteur de Teach Them to Drive
Lisez les notes de bas de page avant de transférer ça à votre DG
Les chiffres de Microsoft sont bons. Ce sont aussi ceux de Microsoft, sur un produit Microsoft, mesurés par Microsoft. Les notes de bas de page le reconnaissent, et quiconque construit un business case devrait les citer avec les petites lignes.
- Les chiffres des ventes datent de 2024. Ils portent sur 687 commerciaux entre janvier et juin 2024, en comparant les utilisateurs réguliers de Copilot (tous les jours, au moins 50 % du temps) aux utilisateurs occasionnels. On compare donc ceux qui ont utilisé l'outil à ceux qui ne l'ont pas fait. Les meilleurs commerciaux l'ont peut-être simplement adopté les premiers.
- Les chiffres supply chain sont circonscrits. Ils viennent d'une équipe pluridisciplinaire de plus de 150 personnes, de septembre 2025 à août 2026, et Microsoft précise que les résultats sont « propres à ces processus et à ces périodes de mesure ».
- Les 35 jours de développement concernent un seul projet. Une équipe de neuf personnes a livré la première version de Copilot Cowork en 35 jours. La note de Microsoft précise que ce n'est « pas une référence de développement produit à l'échelle de l'entreprise ». Nous avons décrit ce que fait Cowork dans notre guide Copilot Cowork.
Pourquoi prendre ce texte au sérieux, alors ? À cause du passage qui va contre l'intérêt commercial de Microsoft. Une entreprise qui vend des licences publie que 200 000 licences plus de la formation n'ont pas changé le travail. Les éditeurs le disent rarement d'eux-mêmes. Quand l'un d'eux le fait, ça vaut la peine d'écouter.
Ça rejoint aussi des données indépendantes. Le rapport Adoption Decade de la CBI, publié avec Oliver Wyman, montre que les entreprises en avance sur le déploiement de l'IA atteignent ou dépassent le retour attendu dans 49 % des cas, contre 15 % pour les retardataires, souvent avec les mêmes logiciels. Nous l'avons décortiqué dans notre analyse du fossé d'exécution.
La formation IA est-elle inutile pour autant ?
Non, et Microsoft ne le dit pas. La partie sur les ventes est explicite : la réussite a quand même demandé d'investir pour aider les gens à acquérir de nouvelles compétences, à tester de nouvelles façons de travailler et à apprendre les uns des autres. Les compétences comptent toujours. Ce qui change, c'est l'endroit où l'apprentissage a lieu et ce à quoi il est rattaché.
Dans la version qui marche, on apprend pendant la refonte d'un processus, sur des cas réels, avec toute l'équipe et son manager, et on mesure par rapport à un point de départ. La montée en compétences, c'est le mode de livraison. Le changement du processus, c'est ce que vous achetez, et ce que votre DAF peut voir.
C'est pour ça que nous ne vendons pas d'ateliers isolés. Quand un client nous demande « une formation IA », notre première question porte sur le chiffre qu'il veut faire bouger. Si personne ne sait répondre, la journée de formation ne répondra pas non plus. Nous avons détaillé la différence dans conseil IA, intégration ou formation.
Comment faire utiliser Copilot à ses salariés ?
Vos salariés utiliseront Copilot si vous refondez le processus d'une équipe autour de l'outil, avec une mesure de départ, un point hebdomadaire entre pairs et un manager qui s'en sert devant l'équipe. Pousser l'usage sans changer le processus mène en général à ce que Microsoft a vu : un plateau. Voici la séquence que nous menons avec nos clients, sur le même modèle que les cas ventes et supply chain de Microsoft.
- Choisissez un processus rattaché à un chiffre. Les réponses aux appels d'offres, le reporting mensuel du comité de direction, le référencement fournisseurs, la revue hebdomadaire du pipeline. Il doit se répéter, et quelqu'un doit porter un indicateur qu'il fait bouger.
- Mesurez-le avant de toucher à un outil. Temps de cycle entre le déclencheur et la livraison, nombre de mains par lesquelles il passe, points d'attente. C'est ce que votre DAF demandera dans 90 jours.
- Cartographiez la vraie semaine. Microsoft a cartographié celle de ses account managers. Nous nous asseyons avec les personnes qui font le travail et notons les moments qui comptent, y compris les moins glorieux : le copier-coller entre deux systèmes, la relance pour le chiffre manquant.
- Simplifiez, puis ajoutez l'IA. Supprimez les étapes qui n'existent qu'à cause des anciens outils. Associez ensuite une fonction à chaque moment. Dans Microsoft 365, ce peut être Researcher pour préparer un compte, Analyst pour les chiffres, Copilot Notebooks pour les documents d'un projet (notre guide Notebooks), Cowork pour les tâches en plusieurs étapes.
- Tenez un point hebdomadaire entre pairs. Trente minutes, même équipe, cas réels de la semaine : ce qui a marché, ce qui a cassé, ce qu'on tente ensuite. C'est ce qui, selon Microsoft, a transformé l'expérimentation en habitude.
- Mettez le manager au volant. Le manager fait passer son propre travail par le nouveau processus en premier, devant l'équipe, y compris ce qui rate.
- Mesurez à 30, 60 et 90 jours. Même indicateur qu'au départ. Si le temps de cycle n'a pas bougé, c'est le processus qui est mal conçu, et on le corrige avant d'accuser l'équipe.
C'est la méthode de Teach Them to Drive, et c'est ainsi que se déroulent nos programmes d'adoption Copilot. Elle ne dépend d'aucun outil : les sept étapes fonctionnent aussi avec ChatGPT Enterprise, Gemini ou Claude, ce qui compte quand le modèle change toutes les quelques semaines (on en parle ici).
Améliorer l'adoption de l'IA au travail, en un tableau
Si vous n'avez qu'une minute avant le comité de pilotage, voici l'échange à faire.
| Si vous mesurez ceci | Mesurez plutôt cela | Pourquoi |
|---|---|---|
| Licences attribuées | Processus refondus, avec un responsable | Microsoft avait plus de 200 000 licences, et un plateau. |
| Présence à l'atelier | Points hebdo tenus, par équipe | Microsoft leur attribue le passage du test à l'habitude. |
| Utilisateurs actifs hebdomadaires | Adoption des cas d'usage prioritaires | L'indicateur qui a triplé côté ventes chez Microsoft. |
| Heures gagnées (déclaratif) | Temps de cycle par rapport au point de départ | Le chiffre qui a bougé en supply chain : d'environ 10 jours à moins de 2,5. |
| Note de satisfaction | Un indicateur business que l'équipe porte déjà | Taux de closing, chiffre d'affaires par personne, délai de réponse. Un chiffre que la finance publie déjà. |
Nous avons détaillé le volet financier dans comment mesurer le ROI d'une formation IA, et le calculateur de ROI transforme votre point de départ en une fourchette que vous pouvez défendre.
Formation IA des salariés : les questions à poser avant d'acheter
Quand on cherche une formation IA pour ses salariés, en France comme au Royaume-Uni, on reçoit des devis en jours : une demi-journée d'atelier, deux jours de cours, une attestation. Avant de signer, posez cinq questions au prestataire. Ses réponses vous diront si vous achetez une journée ou un changement.
- Quel processus sera différent dans 90 jours, et qui porte son indicateur ?
- Quelle mesure de départ prenez-vous avant la première intervention ?
- Qui anime le point hebdomadaire une fois que vous êtes partis ?
- Qu'est-ce que le manager fait différemment, et à partir de quand ?
- Que nous remettez-vous à 30, 60 et 90 jours, et dans quelle unité ?
Si les réponses parlent de programme, de salle et d'attestation, vous achetez la version que Microsoft a abandonnée. Notre guide de la formation à l'adoption de l'IA et les huit questions pour choisir un prestataire vont plus loin, et notre page France montre comment nous intervenons auprès des équipes, à Paris et ailleurs.
Avant le prochain atelier
Trouvez le processus à refondre en premier.
Vingt minutes avec Toni ou Meera. Apportez le tableau de bord d'usage et le processus qui agace tout le monde. Vous repartez avec le processus par lequel commencer, la mesure de départ à prendre, et ce qu'un sprint de 90 jours changerait. Sans parti pris d'outil : personne dans l'appel ne vous vend une licence.
Réserver 20 minutes →Vous préférez d'abord savoir où vous en êtes ? Faites le diagnostic d'adoption IA gratuit. Huit minutes, cinq dimensions, un rapport noté.
Ce que le texte de Microsoft change pour la prochaine discussion budgétaire
Pendant deux ans, la discussion budgétaire sur l'IA suivait le même script : acheter les licences, réserver la formation, surveiller le tableau de bord. Microsoft a joué ce script sur lui-même, à une échelle que personne d'autre ne peut atteindre, et a publié le résultat. L'usage a plafonné.
Ce qui a marché était plus petit et plus exigeant. Une équipe, un résultat, un processus reconstruit, une habitude hebdomadaire, un manager dans la pièce, un chiffre mesuré avant et après. Ça s'appelle transformer le travail, et c'est ce qu'une ligne « formation » dans le budget devrait acheter.
L'outil n'a jamais été le problème. Personne ne leur a appris à conduire.
Questions fréquentes
Pourquoi la formation IA échoue-t-elle après l'atelier ?
La formation IA échoue après l'atelier parce qu'elle change les compétences d'une personne alors que le processus, les objectifs et le manager de l'équipe restent les mêmes. Les gens retrouvent un processus sans étape pour l'outil, qui devient du travail en plus, et l'usage retombe. Microsoft a décrit le même phénomène en interne en septembre 2026 : Copilot, attribué à plus de 200 000 personnes, n'a pas changé le travail tant que les équipes n'ont pas refondu leurs processus autour de résultats business.
Qu'a appris Microsoft de sa propre transformation IA ?
Dans un article du 17 septembre 2026, Kathleen Hogan, directrice de la stratégie et de la transformation de Microsoft, présente cinq leçons : partir du résultat business plutôt que de la technologie, refondre tout le processus plutôt que des tâches isolées, mettre les salariés au centre, utiliser l'IA pour élargir ce que les gens savent faire, et construire une organisation qui apprend en continu. Elle écrit que Microsoft a d'abord traité l'IA comme un déploiement classique d'outils, de formation et d'adoption, et que ça n'a pas changé la façon de travailler.
Combien de salariés Microsoft avaient Copilot, et qu'est-il arrivé à l'usage ?
Microsoft indique que Copilot était attribué à plus de 200 000 personnes en interne. Côté ventes, malgré un large déploiement, l'usage a plafonné et l'impact ne s'est pas matérialisé. Une fois que l'équipe est repartie des objectifs business, a cartographié la semaine des account managers, associé des agents à des moments précis et instauré des points hebdomadaires entre pairs, l'adoption des cas d'usage prioritaires a triplé, le chiffre d'affaires par account manager a progressé de 9,4 % et le taux de closing était supérieur de 20 %, sur la base de 687 commerciaux de janvier à juin 2024 comparés aux utilisateurs occasionnels.
Pourquoi l'adoption de l'IA reste-t-elle faible après une formation ?
Quatre raisons reviennent sans cesse : le processus n'a pas changé, donc l'outil ajoute une étape ; personne ne porte d'indicateur business lié à son usage ; chacun a appris seul au lieu d'apprendre en équipe ; et les managers ne montrent pas l'exemple. Le Work Trend Index de Microsoft indique que lorsque les managers montrent activement leur usage de l'IA, la valeur perçue de l'IA agentique gagne 17 points et la confiance 30 points.
Comment faire utiliser Microsoft Copilot à ses salariés ?
Choisissez un processus récurrent rattaché à un indicateur porté par quelqu'un, mesurez son temps de cycle avant tout changement, cartographiez la vraie semaine des personnes concernées, simplifiez le processus, puis associez des fonctions de Copilot comme Researcher, Analyst, Notebooks ou Cowork à des moments précis. Tenez un point hebdomadaire de 30 minutes entre pairs, faites passer le manager en premier devant l'équipe, et mesurez à nouveau à 30, 60 et 90 jours par rapport au point de départ.
La formation IA est-elle de l'argent jeté par les fenêtres ?
Elle peut l'être quand on l'achète comme une journée isolée. Microsoft précise que ses réussites ont quand même demandé d'investir dans les compétences. La différence tient à l'endroit où l'on apprend : pendant la refonte d'un vrai processus, avec toute l'équipe et son manager, en mesurant par rapport à un point de départ. La journée de formation isolée, mesurée à la présence et à la satisfaction, c'est le modèle dont Microsoft s'est éloigné.
Que faut-il demander à un prestataire de formation IA pour ses salariés ?
Demandez quel processus sera différent dans 90 jours et qui porte son indicateur, quelle mesure de départ est prise avant la première intervention, qui anime le point hebdomadaire après le départ du prestataire, ce que les managers font différemment, et ce qui vous est remis à 30, 60 et 90 jours. Un prestataire qui répond par un programme, une salle et une attestation vend le modèle de la journée de formation que Microsoft a jugé insuffisant seul.
Qu'est-ce que Camp AIR chez Microsoft ?
Camp AIR est l'accélérateur interne de transformation IA de Microsoft, sur plusieurs semaines. Des équipes pluridisciplinaires y apprennent de nouvelles capacités d'IA tout en refondant leur façon de travailler ensemble autour d'un vrai enjeu business. Microsoft indique qu'un premier pilote a montré que les outils et la formation seuls ne suffisaient pas, et que le changement durable venait des équipes qui apprenaient et s'adaptaient ensemble. Le programme a été étendu à plus de 3 000 ingénieurs.
Sources et lectures complémentaires
- Kathleen Hogan, « What we've learned from Microsoft's own AI transformation », blog officiel de Microsoft, 17 septembre 2026, notes 1 à 6 comprises
- Microsoft, Becoming a Frontier Firm: Our Frontier Playbook
- Microsoft, Work Trend Index : agents, human agency and the opportunity for every organization
- CBI et Oliver Wyman, The Adoption Decade: Closing the Execution Divide, août 2026, via notre analyse
- Toni Dos Santos, Teach Them to Drive: The AI Adoption Playbook for Teams